Comment fonctionne notre intelligence et en quoi diffère-t-elle de celle des machines ? Le professeur Olivier Houdé, spécialiste du développement de l’intelligence de l’enfant répond point par point.

Alors qu’intelligence artificielle et algorithmes semblent envahir notre quotidien, Olivier Houdé, professeur à l’université Paris-Descartes, directeur honoraire du Laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant (LaPsyDÉ) de la Sorbonne-CNRS, membre de l’Institut de France, revient sur les différences existantes entre intelligences humaine et artificielle, dans son ouvrage passionnant :  “L’Intelligence n’est pas un algorithme

Sciences et Avenir : Pourquoi avoir choisi d’écrire aujourd’hui un livre sur l’intelligence humaine ? 

Olivier Houdé : Parce qu’aujourd’hui voiture, maison, téléphone, montre, aspirateur, robots… sont qualifiés d’“intelligents”. Et que l’occurrence de ce mot est devenue incroyablement importante. Je me suis dit que les psychologues comme moi, qui étudient le développement de l’intelligence, ne peuvent plus rester silencieux sur ce qu’est réellement l’intelligence humaine. Écartant d’emblée cette idée farfelue que les machines, un jour, deviendraient plus intelligentes que nous, idée dite de la “singularité” des machines ou du “transhumanisme”. C’est de la fantasmagorie issue de milieux de geeks ou pseudo-philosophes futuristes américains qui n’a rien de scientifique. 

Comment se développe l’intelligence, chez l’humain ? 

Dans le livre, j’expose tout d’abord la théorie du psychologue suisse Jean Piaget. Au XXe siècle, il a décrit l’intelligence comme le développement lent et “incrémental”, pas à pas, stade après stade, d’algorithmes (suite d’opérations logico-mathématiques élémentaires pour résoudre une tâche) de plus en plus poussés, chez l’enfant. La logique concrète émerge vers 6-7 ans, puis une logique plus abstraite apparaît vers l’adolescence. Mais, avec nos travaux de recherche, nous avons découvert que l’intelligence ne se réduisait pas à ces algorithmes logiques. Ce n’est qu’une de ses composantes.

Source : Science et Avenir

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